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  LES DANGERS DU SIONISME 

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LE SIONISME CHRETIEN - PARTIE IV

La contribution historique des Chrétiens dans la création de l’Etat juif.  
 
Par le Docteur Ali Menjour“Le sionisme réclame de nombreux Juifs nobles comme organisateurs. Mais peu nombreux sont ceux qui réalisent que les trois hommes qui rendirent possible cette politique étaient chrétiens : un presbytérien américain, un presbytérien écossais et un baptiste gallois : Wilson, Balfour et Loyd George. Ce sont eux qui firent entrer cette politique dans les conseils de gouvernements qui contrôlaient la moitié du monde”.  
 
(Révérend Norman Mac Lean) (1)
 
 
Avant de découvrir ensemble certaines personnalités chrétiennes dont la pensée religieuse a largement contribué à la formation de ce qu’on appelle de nos jours “le sionisme chrétien”, idéologie politico-religieuse très en faveur du sionisme politique, et du moment que les sionismes chrétien et politique sont deux idéologies où le politique et le religieux sont inextricablement liés (voir Réalités n°968), il devient nécessaire, pour comprendre ces deux types de sionisme, de se retourner vers les sources de la foi juive et chrétienne. Autrement dit vers les Livres Saints.  
 
Ce retour permet de clarifier la vision de beaucoup sur la question surtout lorsqu’on sait qu’il existe un flou —qu’on aimerait bien entretenir— qui englobe cette question. Il suffit, à ce propos, de demander à n’importe qui : quel est le livre sacré des Juifs et celui des Chrétiens ? Sans hésitation, il répondra la Thora pour les premiers et les Evangiles pour les seconds.  
 
La Bible hébraïque, livre saint des Juifs et… des Chrétiens 
 
Cette réponse témoigne de l’existence d’une nette séparation entre les livres saints des Juifs et ceux des Chrétiens. Comme si chaque groupe de fidèles avait son livre propre à lui et indépendamment de l’autre. Ce schéma mérite une mise au point qui peut ne pas concerner les Juifs et les Chrétiens, sensés connaître la question.  
 
Commençons par le livre saint des Chrétiens pour dire que c’est la Bible chrétienne et non uniquement les Evangiles, qui en font partie.  
 
La Bible chrétienne se compose de deux grandes parties, l’Ancien Testament et le Nouveau Testament. Le premier est antérieur à Jésus-Christ et le second lui est postérieur.  
 
C’est l’Ancien Testament qu’on nomme Bible hébraïque. Elle est composée des livres suivants :  
 
— les cinq premiers livres : la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome, que les Juifs qualifient par Thora et les Chrétiens par Pentateuque. “ Les cinq premiers livres de la Bible sont les mêmes dans les Bibles juive et chrétienne et apparaissent dans le même ordre ” (2), écrit John Bowker ;  
 
— les livres historiques sont au nombre de 12 ;  
 
— les livres de la Sagesse au nombre de 5 ;  
 
— les livres des Prophètes au nombre de 17, parmi lesquels le Livre de Daniel. Au total pour les Catholiques l’Ancien Testament se compose de 39 livres, alors que pour les Protestants et les Juifs, il compte 4 livres. Hormis les cinq premiers livres, l’ordre n’est pas le même dans les Bibles juive et chrétienne, mais le contenu est identique.  
 
En ce qui concerne le Nouveau Testament, il est formé :  
 
— des quatre Evangiles : de Mathieu, de Marc, de Luc et de Jean. Aucun n’était apôtre ni contemporain de Jésus Christ ;  
 
— des Actes des Apôtres : écrit par Luc ;  
 
— des Epîtres de Paul : série de lettres aux différentes peuplades de la région. Paul, qui était contemporain de Jésus, n’a pas lu les Evangiles ;  
 
— de l’Apocalypse de Jean : c’est aussi un titre à retenir comme le Livre de Daniel de l’Ancien Testament.  
 
A propos du texte des Evangiles, les spécialistes en la matière disent qu’il est “ miné (comme l’écrivent Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, auteurs de la remarquable série documentaire “ Corpus Christi ”, diffusée par Arte) parce que deux grandes traditions narratives s’opposent dans les Evangiles, celle des Synoptiques (Marc, Mathieu et Luc) et celle de Jean, qui ne s’accordent ni sur le rôle de Jean le Baptiste, ni sur l’identité des douze disciples, ni sur la durée de l’activité de Jésus, ni sur ses miracles, ni sur son procès, ni sur ses dernières paroles en croix, ni sur les apparitions du Ressuscité ”(3).  
 
Jean est l’auteur de l’Evangile le plus postérieur à Jésus-Christ. Il est aussi l’auteur de l’Apocalypse, livre contesté par certains mais canonisé par l’Eglise dans les premiers siècles du Christianisme.  
 
Ainsi, de ce qui précède, nous devons avoir à l’esprit que la Bible hébraïque est un héritage théologico-culturel commun aussi bien aux Juifs qu’aux Chrétiens.  
 
Avec l’apparition d’une nouvelle religion, treize siècles après Moïse, et devant le supplice à mort (dans une vision chrétienne) de Jésus, messager de cette nouvelle religion, commis par les Juifs de l’époque, l’attitude chrétienne envers les Juifs a toujours été empreinte de perplexité et d’ambivalence. En effet, fallait-il considérer les Juifs comme des déicides (position officielle du Vatican jusqu’au Concile Vatican II) ou les co-héritiers dans la Révélation divine, l’Ancien Testament ?  
 
Les conditions socio-économiques et politiques ainsi que la ruse de certaines personnalités juives ont, bien des fois, joué un rôle déterminant en transformant l’attitude chrétienne à leur égard. Cette attitude ne peut se faire sans toucher aux principes et aux dogmes chrétiens. La meilleure illustration reste, à notre avis, la question de l’Alliance. Ou celle de l’Eschatologie. Questions que nous allons développer en évoquant dans nos articles prochains le fondement religieux du sionisme chrétien.  
 
Le début de l’Entente Cordiale judéo-chrétienne 
 
Après l’instauration du Commonwealth en 1649, les Juifs furent réadmis en Angleterre, d’où ils avaient été chassés au XIIIème siècle. Les Puritains étaient convaincus, sur une base religieuse, que leur installation était nécessaire pour l’accomplissement de prophéties bibliques, d’après lesquelles les Juifs devraient se rassembler en Terre Promise. A cette époque (1649), le Parlement de Londres reçoit une lettre signée de deux Puritains d’Amsterdam dans laquelle on lit : “… la nation d’Angleterre, avec les habitants des Pays-Bas, soient les premiers prêts à transporter sur leurs bateaux les fils et les filles d’Israël dans la Terre Promise à leurs ancêtres Abraham, Issac et Jacob pour un héritage éternel ”. (4)  
 
Vingt ans après cet appel que nous pouvons considérer comme la première déclaration politique en vue d’installer les Juifs en Palestine, Increase Mather, pasteur des colonies d’Amérique, publiait un livre, intitulé “Le Mystère du Salut d’Israël”, dans lequel il commentait les prophéties concernant la restauration d’Israël. D’après lui, les Juifs allaient retourner en Palestine, se constituer en nation avant leur conversion spirituelle au christianisme et le retour du Messie Jésus. Ainsi, comme nous allons le voir, un théologien protestant –en général– traduisait un verset des “ quatre Evangiles ” ou des “ Actes des apôtres ” ou de “ l’Apocalypse de Jésus ”, à sa manière, pour créer les conditions de la venue du Messie tant souhaitée par les Chrétiens.  
 
Aux Pays-Bas, Pierre Jurien, un Huguenot (Protestant) français exilé dans ce pays, publie en 1686 “L’accomplissement des prophéties” : “ Si ce Royaume d’Israël n’est rien autre chose que la vocation des Gentils et de notre Eglise chrétienne, écrit-il, pourquoi les remet-il à longs jours, en leur disant que Dieu s’est réservé la connaissance de ce temps… Enfin, pourquoi nous a-t-il ordonné de faire cette prière tous les jours : que son règne vienne ” (5).  
 
C’est ainsi que dès le 17ème siècle, la pensée de certains théologiens protestants a commencé à se répandre et gagner des adeptes. Cette vision de la venue du Messie refuse la résignation et l’attente passive, et incite avec ardeur les dirigeants politiques à soutenir fermement l’installation des Juifs en Palestine. Simple hasard ou réponse aux appels chrétiens, lorsqu’un mouvement messianique juif voit le jour en Europe orientale, guidé par Sabbataï Zevi (1626-1676), qui s’est proclamé Messie et qui avait l’intention d’emmener ses adeptes en Palestine. Arrêté par les autorités ottomanes, il eut à choisir entre la mort ou la conversion à l’Islam. Le faux Messie choisit la deuxième solution et finit ses jours dans l’exil albanais.  
 
Deux siècles après, le même scénario –ou presque– a été rejoué entre les autorités britanniques par le biais de leur agent, le révérend William Hechter et les dirigeants du mouvement sioniste (lire Réalités n° 969).  
 
En évoquant souvent des hommes d’église et des théologiens protestants, nous tenons à faire savoir que les réformateurs du 16ème siècle étaient hostiles à l’idée du Millénium, vie terrestre de mille ans avec Jésus, comme prélude à la fin du temps, que la Confession d’Augsbourg l’a condamnée et qualifiée de “ judaïque ”. La reprise de l’idée du Millénium et son officialisation n’a eu lieu qu’avec les Puritains anglais. Dans cette atmosphère religieuse, bouillonnante, beaucoup de personnalités du monde de la culture et du savoir ont suivi le sillage puritain. C’est dans ce contexte qu’Isaâc Newton (1642-1727), qui était à la fois scientifique et théologien, professait les mêmes idées que celles des Puritains : “ Le mystère de cette restitution de toute chose se trouve donc chez tous les prophètes, écrit-il, et c’est pourquoi je m’étonne que, à ma grande stupéfaction, si peu de Chrétiens de notre temps arrivent à l’y trouver. Car ils ne comprennent pas que ce mystère consiste dans le retour final de captivité des Juifs, leur conquête des nations des quatre monarchies et leur établissement d’un Royaume juste et florissant ” (6).  
 
Au 18ème siècle, la théorie du Millénium a gagné un grand nombre d’adeptes grâce aux travaux du théologien Edward Whitaker, qui publia en 1784 sa dissertation “ Sur la restauration finale des Juifs ”. D’après lui, la phrase de Saint Paul “ Tout Israël sera sauvé ” signifie que cette restauration doit avoir un caractère national (7). Dans ce même ordre d’idées, Charles Jerram, théologien connu de Cambridge, commentant l’Evangile de Luc sur la question de Jérusalem écrit en 1795 : “ Il est naturel de supposer qu’à cette période Jérusalem sera remise à ses propriétaires d’origine ” (8).  
 
Si l’espoir de la restauration des Juifs en Palestine n’était de la part de certains Chrétiens, jusqu’à la fin du 18ème siècle, que de simples vœux pieux, cette restauration va, dès le début du siècle suivant (19ème), prendre une allure franchement politique.  
 
Historiquement, il est important de noter que le sionisme chrétien a anticipé de plus d’un siècle le sionisme politique.  
 
Suite : Partie V : Lien vers http://sionisme.populus.ch/rub/6> 
 
 
 
Bibliographie et références  
 
1) Internet : le sionisme chrétien- “ La contribution historique des Chrétiens à la renaissance d’Israël ”.  
 
(A. Rardez).  
 
2) Le grand livre de la Bible, John Bowker (Larousse Cerf).  
 
3) Historia, décembre 1998 : Enquête sur les origines du christianisme (p 16)  
 
4) Barbara W. Tuckman - Bible and Sword, Ballantine Books, New York 1984 (p 121).  
 
5) Pierre Jurieu “ L’accomplissement des prophéties ”, chez Abraham Acher- Rotterdam, 1686 (p 263).  
 
6) Isaâc Newton : Ecrits sur la religion, traduits et commentés par Jean François Baillon. Ed. Gallimard (p 249).  
 
7) Michael J. Pragaï : Faith and Fulfiement TSW. Ed. Vallentine-Trichell, 1985 (p 18).  
 
8) Eqal Feldman, Dual destinies- University of Illinois Press- 1990 (p 150).  
 
 
Sources : Lien vers http://www.realites.com.tn/index1.php?mag=1&cat=/10025555550000550000000IRAK/1La résistance du peuple&art=10031&a=detail1> 
 
 
 
 
 
 
 

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Modifié en dernier lieu le 9.11.2004
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